De ses séjours à Madagascar, Nicole Viloteau a rapporté des documents inédits
sur la sorcellerie, le culte des morts, les possessions, le pouvoir des philtres
d'amour, des plantes aphrodisiaques, des poisons. Elle a assisté à des
cérémonies secrètes où, d'ordinaire, les vazaha, les blancs, ne sont pas
acceptés. "Je ne savais pas encore à quel point Madagascar est un puissant
sortilège qui entraîne sur des chemins où se mêlent le rêve, le mystère, l'art
divinatoire et la sorcellerie.
Un sortilège rouge comme les linceuls de soie des
rois et des reines. Rouge comme la toge d'apparat des sorciers. Rouge comme la
latérite qui habille les hautes terres de l'île. Rouge comme le sang des
victimes immolées. Rouge comme cette étrange passion qui allait me ronger tout
entière." Miroirs maléfiques, grigris, âmes errantes, monstres mythiques
sanguinaires entraînent le lecteur loin, dans des contrées reculées. Longues
marches, pistes défoncées, montagnes, brousses, déserts, jungles et océan
tissent la toile de fond de cette aventure hors du commun.
Les livres de Nicole Viloteau témoignent de l'appétit de son auteur pour les
mystères dont regorge la Nature: humaine, animale et végétale. La
photographe-reporter a rapporté de ses différents séjours à Madagascar des
images inédites des cultes auxquels s'adonnent les habitants de l'île.
Exhumation des morts, miroirs et perles magiques, philtres, désenvoûtements,
divination: la dame a pu assister et participer à des cérémonies habituellement
interdites aux Blancs. Ses photos sont pourtant dépourvues de toute tentation
voyeuriste. Elles suggèrent. Au texte d'expliquer. Leur violence se situe moins
dans leur sujet que dans leur traitement. Des orangés, des ors exacerbés, des
bruns poisseux, des verts drus, des ombres percées de lumière: l'auteur nous
imprègne de cette culture qui semble bien l'avoir ensorcelée.
Source : lire.fr