L'île de Madagascar, estiment les européens, est plus grande que la France et la Belgique réunies. A première vue cela peut sembler exact. En vérité elle est beaucoup plus vaste. Car celui qui parcourt cette terre étrange et magnifique ne peut mesurer son chemin en simples kilomètres: ici l'étranger n'a pas forcément l'impression d'aller loin, mais plutôt de voyager longtemps, dans un autre espace-temps dont il n'arrive pas à capter le rythme.
Mesurant chaque jour davantage ce qui le sépare du monde d'où il vient, il découvrira, splendeur de l'héritage lémurien, un univers à part qui a su préserver maintes espèces animales et végétales disparues ailleurs, qui se plaît à faire coexister sept espèces de baobabs, cent quarante-six sortes de grenouilles et près de la moitié des cent trente et une variétés connues de caméléon, animal cher aux Malgaches, gardant toujours, comme eux, un œil sur le passé et l'autre tourné vers l'avenir.
Face à une telle nature, inutile de s'étonner de la richesse des rencontres avec les hommes. Madagascar, c'est un cœur qui bat : Dix-huit tribus en tout, plus celle des Vasaha, noms donnés aux blancs, sans oublier les ancêtres, partout présents sur la Grande Ile. Toute la dignité humaine enracinée dans son histoire.
Le photographe Pascal Maitre et son ami Michaël Stührenberg conjuguent ici leurs talents. Leur voyage nous plonge à l’intérieur d’une île-continent où se côtoient lémuriens et tribus méconnues, où cohabitent, dans une nature splendide, magie des morts et dignité des vivants.