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Le roi ne meurt pas

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Sciences et recherches

Le roi ne meurt pas, rites funéraires princiers du Betsileo

de Adolphe Rahamefy – Pierre Vérin

Editions L'Harmattan - Repères pour Madagascar
Dans "Le Roi ne meurt pas. Rites funéraires princiers du Betsileo de Madagascar", Adolphe RAHAMEFY, a repris le sujet des funérailles de Rajoakarivony sur la même base du manuscrit malgache dont il publie le texte accompagné d’une traduction.

Le roi ne meurt pas, rites funéraires princiers du Betsileo - Adolphe Rahamefy – Pierre Vérin Cette publication est d’un très grand intérêt. Les sources de l’histoire malgache ne sont pas suffisamment publiées et mises à la disposition aussi bien des chercheurs que tout simplement de tous ceux qui s’intéressent au passé de la Grande Ile. L’accès direct aux sources permet d’éviter le filtre qu’interpose le travail de l’historien ou de l’anthropologue – filtre déformant quand ces derniers se situent dans la tradition de la science coloniale. Dans le cas qui nous occupe, le récit des funérailles de Rajoakarivony permet de visualiser à tout un chacun le déroulement du rituel complexe des cérémonies funéraires d’un grand prince du Royaume descendant des anciens rois d’Isandra.
 
Normalement, le simple amateur doit pouvoir compter sur les commentaires de l’éditeur pour mieux comprendre et appréhender les anciennes conceptions malgaches en œuvre à cette occasion. Malheureusement, le travail qui nous est offert présentement ne peut satisfaire les bons connaisseurs de la culture malgache. Tout au plus, les adeptes du tribalisme qui opposent l’Imerina à la "Côte", pourraient y trouver, pour le passé, un semblant d’arguments pour leur revendication. Ils pourraient se penser d’autant mieux assurés dans leurs convictions que le travail aurait reçu l’approbation de l’Université française. Disons tout de suite que, à en juger par la préface satisfaite du directeur d’études, cette direction fut située dans la tradition de la science et de la politique coloniales.

M. Rahamefy s’attaquait à un sujet difficile, car il est plus que malaisé aujourd'hui pour un chercheur d’obédience chrétienne de pénétrer dans les arcanes de la pensée et des pratiques anciennes, surtout quand elles concernent la mort. Il est difficile de ne pas accentuer la lecture puritaine des missionnaires du XIXe siècle qui venaient, rappelons-le, d’abord pour "civiliser", et seulement ensuite pour évangéliser. L’actuelle identité chrétienne contraint beaucoup de fidèles à croire qu’à cette époque, la Civilisation à initiale majuscule n’avait pas encore transformé la bête barbare en un homme civilisé. La traduction accentue cet aspect, lorsque "bestialité" est brutalement utilisé pour traduire le simple "fanahim-biby". Elle accentue, sans que l’on comprenne pourquoi, ce qui aurait fait l’étrangeté du pays d’Isandra : par exemple, que comprendra le lecteur français quand, s’agissant de forêts et d’arbres, il rencontrera un "champ de bois" ou des "plants d’arbre" ? Même considérées simplement comme francophones, de telles traductions seraient difficiles à interpréter s’il n’y avait le texte malgache.



236 pages - broché
1997

   

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haut de la page Last update : 18/12/2005