Il
n'y a de milieux que par rapport à ceux qui y vivent, s'y réfèrent et
se les représentent: les hommes constitués en sociétés. Cependant, un
certain nombre de ces milieux, souvent désignés comme «naturels»,
fonctionnent de manière autonome.
C'est à quelques uns d'entre eux, parmi les plus caractéristiques du
Sud-Ouest de Madagascar, et à leurs rapports avec les hommes qui les
fréquentent et en tirent parti, qu'est consacré ce livre.
Cet immense «morceau d'île», soumis à de longues périodes de
sécheresse, est resté en marge des grands courants contemporains.
Habitée par des sociétés rurales ayant conservé une forte identité
culturelle, cette région présente encore quelques espaces assez peu
marqués par les hommes, du moins en apparence.
Dans ces pages, une large place est consacrée aux milieux forestiers et
paraforestiers, à travers différents articles focalisés sur les
mangroves, les forêts du pays Bara et du Menabe et l'ensemble des
paysages végétaux de la partie côtière du pays Mahafale. Comme on vient
de le voir, les littoraux constituent une autre entrée importante pour
cet ouvrage, par le biais d'études sur les marais à mangrove et les
récifs coralliens. Par ailleurs, une analyse des représentations que se
font de la nature les habitants du Menabe pose quelquespréalables
indispensables à la bonne compréhension des rapports hommes-milieux.
Ces travaux nous montrent que pour diverses raisons la pression
s'accroît fortement sur ces derniers, menaçant dans certains cas leur
existence même. La question de la sauvegarde des espaces sensibles à
Madagascar, jusqu'à une date encore récente, a souvent été posée en
termes de conservation de taxons endémiques ou de milieux considérés
comme très originaux.
Elle a depuis été reformulée en termes de maintien ou du renforcement
d'équilibres indispensables à la vie humaine. Comment en effet
envisager qu'une région transformée peu à peu en une sorte de grande
étendue grarninéenne inculte puisse assurer la survie des sociétés qui
s'y sont établies ? Pour renverser la tendance, il est indispensable
que de nouvelles dynamiques sociales se mettent rapidement en place,
capables de compenser la perte des valeurs traditionnelles. Il est
urgent que de nouvelles formes de gestion des milieux voient le jour.
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244 pages - broché
15 décembre 1997
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